INTÉGRATION PROGRESSIVE DES AME DANS LA FONCTION PUBLIQUE : Le gouvernement Wadagni ouvre enfin la voie vers la concrétisation
•Les enseignants attendent le passage de la parole aux actes
Après plusieurs années d’attente et d’incertitude, les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) entrevoient enfin une sortie progressive de la précarité. La décision annoncée par le président de la République, Romuald Wadagni, et son gouvernement marque une avancée importante dans la régularisation de la situation de milliers d’enseignants qui attendent désormais de voir les engagements se traduire concrètement sur le terrain.

C’est un dossier qui aura longtemps alimenté les débats, les revendications et les espoirs dans le secteur éducatif béninois. Les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) pourraient désormais franchir une étape décisive de leur parcours professionnel. À l’issue d’une rencontre tenue le 11 septembre 2026 au Palais de la Marina avec les représentants des AME et les centrales syndicales, le gouvernement a annoncé le démarrage prochain du processus d’intégration progressive de ces enseignants dans l’administration publique.
Cette orientation constitue, à n’en point douter, un ouf de soulagement pour une catégorie d’enseignants qui, depuis plusieurs années, exerce sa mission dans l’attente d’une stabilisation de son statut. Le choix d’un recrutement progressif sur titre, fondé notamment sur le diplôme, la qualification et l’expérience acquise, apparaît comme une reconnaissance du parcours professionnel déjà accompli par les AME. Surtout, l’abandon de l’idée d’un nouveau test d’évaluation constitue un signal particulièrement fort pour ceux qui ont déjà accumulé plusieurs années d’expérience en salle de classe.
Selon les modalités annoncées, les enseignants ayant cumulé trois contrats successifs en qualité d’AME pourront être concernés par le processus. Celui-ci doit se dérouler par promotion et par vague, avec une priorité accordée à la promotion de 2019, qui représente plus de la moitié des effectifs concernés. Le futur statut annoncé est celui d’Agent contractuel de droit public des collectivités territoriales décentralisées (ACDPCTD), avec des perspectives professionnelles et sociales mieux encadrées.

Au-delà de la seule question administrative, cette décision revêt donc une dimension profondément sociale. Pour beaucoup d’AME, il ne s’agit pas simplement de changer d’intitulé ou de statut. Il s’agit de pouvoir envisager leur avenir professionnel avec davantage de sérénité, de bénéficier d’une carrière mieux structurée et de disposer de garanties sociales plus solides. La continuité de l’affiliation à la CNSS, ainsi que la prise en compte des limites d’âge prévues par le Statut général de la fonction publique, figurent également parmi les garanties annoncées.
Mais l’essentiel reste désormais dans l’exécution. Car après des années de promesses, les AME ne demandent plus seulement à être rassurés par des déclarations. Ils attendent des actes, un calendrier clair et la concrétisation effective des engagements pris. L’annonce présidentielle a certes créé une véritable lueur d’espoir, mais cette espérance ne pourra être pleinement transformée en satisfaction que lorsque les premières vagues d’intégration seront effectivement engagées.

C’est donc une nouvelle page qui semble s’ouvrir dans le dossier des AME. La décision du président Romuald Wadagni et de son gouvernement est salutaire en ce qu’elle pose les bases d’une sortie progressive d’une situation de précarité qui aura marqué durablement le parcours de milliers d’enseignants. Elle traduit également une volonté de privilégier le dialogue avec les organisations syndicales et les représentants des AME afin de rechercher une solution consensuelle.
Pour les principaux concernés, le sentiment est désormais partagé entre soulagement et vigilance. Soulagement parce qu’une perspective concrète se dessine enfin. Vigilance parce que le chemin entre une décision annoncée et une intégration réellement effective peut encore nécessiter plusieurs étapes administratives.

Les AME ont suffisamment attendu. Ils veulent maintenant voir les paroles devenir des actes. Si le processus annoncé est effectivement mis en œuvre dans les délais et selon les modalités retenues, cette décision pourrait constituer l’un des tournants sociaux majeurs du quinquennat en faveur du personnel enseignant.
Sébastien YANGA
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