LUTTE CONTRE LA DÉSINFORMATION ET L’EXTRÉMISME VIOLENT AU BÉNIN : Une cinquantaine de journalistes et blogueurs outillés par le PNUD à Djougou
Du 13 au 16 octobre 2026, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a réuni à Djougou 30 journalistes et 20 blogueurs autour d’un atelier de renforcement des capacités consacré à la vérification des faits, au traitement éthique sur l’extrémisme violent et à la lutte contre les discours de haine. Cette initiative vise à renforcer le rôle des médias dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Cette activité est organisée dans le cadre du projet Régional de Prévention et de Réponse à l’Extrémisme Violent dans le Corridor Atlantique, avec le financement du Danemark et de la Norvège. La formation a pour objectif d’outiller les professionnels des médias pour mieux vérifier les informations, croiser les sources et produire des contenus fiables, tout en préservant la cohésion sociale.

Les travaux ont abordé également les exigences éthiques et déontologiques liées à la couverture de l’extrémisme violent et des opérations sécuritaires. L’enjeu est de permettre aux participants d’informer avec rigueur, sans contribuer à la propagation de la peur, à la stigmatisation de certaines communautés ou à l’exacerbation des tensions.

Pour Dr Sakinath Bello, coordinatrice du PEV/PNUD, la vérification des faits constitue une exigence fondamentale du journalisme. Elle a souligné l’importance de s’assurer de la fiabilité des informations diffusées, particulièrement dans un contexte marqué par les menaces liées à l’extrémisme violent.

Au-delà de leur mission d’information, les journalistes et blogueurs doivent mesurer les conséquences de leurs publications sur la société. Leurs productions doivent contribuer au dialogue et au rapprochement des communautés, plutôt que de nourrir les frustrations et les divisions.

De son côté, Louis Tokpanou, Secrétaire Permanent par intérim de la commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme au ministère de l’intérieur et de la Sécurité publique, a rappelé que la responsabilité des professionnels des médias ne se limite pas à la diffusion de l’information.

Elle implique également le respect des règles éthiques et déontologiques, notamment la vérification des sources, le recoupement des informations et la prudence face aux publications susceptibles de provoquer des tensions.

Il a invité les participants à traiter les questions liées à l’extrémisme violent avec discernement, en informant sans glorifier la violence et en sensibilisant sans stigmatiser. Il a également insisté sur la nécessité de lutter contre les discours qui encouragent la violence, l’intolérance et la discrimination, tout en respectant les droits humains et la liberté d’expression.

Représentant le directeur départemental de la Police républicaine du Borgou, Rabiou Fatoumbi, a alerté sur les conséquences potentielles des informations non vérifiées. Selon lui, une publication erronée peut alimenter des tensions locales, fragiliser la cohésion sociale et compliquer le travail des forces de défense et de sécurité.

Il a encouragé les journalistes et blogueurs à renforcer leurs méthodes de vérification et à développer une collaboration responsable avec les forces de sécurité, rappelant que la préservation de la paix repose sur l’engagement de plusieurs acteurs.


Au terme de l’atelier, les participants ont créé un réseau dénommé Réseau de journalistes et de blogueurs engagés pour la paix. Le réseau aura pour objectifs de renforcer la collaboration entre les acteurs, assurer le partage régulier d’informations et de bonnes pratiques, et favoriser la mutualisation des expériences et des ressources.
Alain TCHOKA
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