MALTRAITANCE ET EXPLOITATION DES ENFANTS AU BÉNIN : Des actes gravement punis par la loi
Un enfant n’est ni une main-d’œuvre à exploiter, ni un être sur lequel un adulte peut exercer sa violence, sa domination ou sa cruauté. Au Bénin, la maltraitance et l’exploitation des enfants ne relèvent pas seulement d’une faute morale ou d’un comportement inhumain, elles constituent des actes interdits et sévèrement réprimés par la loi.

La loi n° 2015-08 du 8 décembre 2015 portant Code de l’enfant en République du Bénin est sans ambiguïté. Elle définit l’enfant, comme tout être humain âgé de moins de 18 ans, qui bénéficie d’une protection particulière contre les violences, les mauvais traitements et toutes les formes d’exploitation. Le Code de l’enfant vise notamment à protéger son intégrité physique et mentale, sa dignité ainsi que son développement.
L’exploitation d’un enfant peut prendre plusieurs formes. Elle peut se manifester par le travail forcé, la servitude, l’utilisation d’enfants à des fins illicites ou encore par des activités susceptibles de nuire à leur santé, à leur sécurité, à leur moralité et à leur développement. La traite, l’exploitation économique et sexuelle ainsi que les traitements cruels, inhumains ou dégradants font également partie des graves atteintes contre lesquelles la législation béninoise entend protéger les mineurs.
La loi prévoit d’ailleurs des sanctions particulièrement lourdes contre certaines formes de maltraitance. Le Code de l’enfant dispose notamment que le fait de soumettre un enfant à des actes de torture ou à des traitements inhumains, cruels ou dégradants peut être puni de plusieurs années de réclusion et d’amendes importantes. Lorsque les auteurs sont les parents, les tuteurs ou des personnes exerçant une autorité sur l’enfant, la responsabilité pénale peut être encore plus sévèrement engagée.
Il est donc essentiel de déconstruire certaines habitudes et certaines justifications. Parce qu’un enfant est confié à un adulte, cela ne donne pas à cet adulte le droit de le battre sauvagement, de l’humilier, de le soumettre à des travaux dangereux ou de l’exploiter. L’autorité parentale, familiale ou éducative ne doit jamais devenir un permis de violence.
Un enfant est un être innocent, sensible et vulnérable. Les violences qu’il subit peuvent laisser des blessures physiques, mais également des traumatismes psychologiques durables. Derrière chaque enfant maltraité, il y a parfois une peur silencieuse, une enfance brisée et un avenir fragilisé.

La responsabilité de la protection des enfants ne repose donc pas uniquement sur les parents. Elle concerne toute la société notamment les familles, les voisins, les enseignants, les responsables communautaires, les autorités et chaque citoyen. Fermer les yeux sur la maltraitance ou l’exploitation d’un enfant, c’est laisser la violence s’installer là où devraient régner la protection et l’amour.
Protéger un enfant, c’est protéger l’avenir de toute une nation.
Sébastien YANGA
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